Pettius, je n’ai plus le même plaisir qu’avant à écrire de petits vers, sous le coup d’un violent amour, l’amour qui, moi entre tous, me recherche, veut que je m’enflamme pour de souples éphèbes, pour des jeunes filles. 5 Vois, Décembre, le troisième depuis que j’ai fini d’être fou pour Inachia, fait tomber la parure des forêts. Hélas, dans tout Rome – ah, j’ai honte d’un mal si grand - quelle fable j’ai été et quel regret des repas où ma langueur et mon silence dénonçaient 10 mon amour, et (…)
Accueil > Mots-clés > versification > distiques
distiques
Articles
-
Horace, Épodes 11 | Brûlures d’amour
29 août 2012, par Danielle Carlès -
Horace, Épodes 3 | Ça brûle !
16 juillet 2012, par Danielle CarlèsSi quelqu’un quelque jour d’une main impie brise le cou de son vieillard de père, qu’il mange de l’ail, plus funeste que la ciguë ! Ô ventres durs des moissonneurs ! Quel est ce poison qui sévit dans mes entrailles ? Du sang de vipère a-t-il cuit dans ces herbes à mon insu ? Canidia a-t-elle mis la main à ce mets infâme ? Radieux, le chef éclipsait tous les Argonautes. Médée éblouie, quand il dut mettre aux taureaux le joug inconnu, avec ça, oui, frotta Jason, imprégna de ça les dons pour sa (…)
-
Horace, Épodes 10 | Prière pour un naufrage
25 août 2012, par Danielle CarlèsAmarres larguées sous de mauvais auspices part le navire qui emporte le puant Mévius. De fustiger ses deux flancs du flot hérissé, Auster, penses-y, n’oublie pas. 5 Puisse le noir Eurus sur la mer renversée disperser les cordages et les rames brisées, puisse l’Aquilon se lever si fort qu’en haut des montagnes il brise les yeuses tremblantes ! Que nulle étoile amie ne se montre dans la nuit noire 10 du côté où se couche le funeste Orion, que jamais ne le porte une mer plus tranquille que (…)
-
Horace, Odes III 15 | De la décence
5 septembre 2014, par Danielle CarlèsFemme du besogneux Ibycus, à la fin, mets un terme à ta vie de débauche et à ce manège déshonorant, plus près que jamais de l’heure du tombeau, cesse de minauder parmi les jeunes filles5 et répandre la brume sur des étoiles claires. Non, ce qui sied à Pholoé à toi, Chloris, ne sied pas pour autant. Ta fille à meilleur droit prend d’assaut les maisons des jouvenceaux comme une Thyade excitée par les battements du tympanon.10 Elle, il y a l’amour de Nothus qui la pousse à (…)
-
Horace, Odes I 8 | L’amour ou la guerre
27 avril 2012, par Danielle CarlèsLydia, dis-moi, au nom de tous les
dieux, je t’en prie, pourquoi cette hâte de perdre Sybaris par amour ?
Pourquoi a-t-il pris en horreur le
grand air au Champ de Mars, lui qui ne craignait ni la poussière ni le
soleil ? Pourquoi ne caracole-t-il
plus avec les recrues de son âge, ne monte-t-il plus un cheval gaulois
muselé d’un mors à dents de loup ?
Pourquoi a-t-il peur d’approcher le Tibre jaune ? Pourquoi met-il plus
de précaution à éviter l’huile que
le sang de vipère (…) -
Horace, Épodes 4 | Esclave (2)
19 juillet 2012, par Danielle Carlèsentre loups et agneaux le sort a mis un désaccord
aussi grand que le mien avec toi
au flanc traces brûlées des cordes hibériques aux
jambes des dures entraves de fer
c’est sûr tu vas portant beau ta richesse mais la
fortune ne change pas ton espèce
ne saisis-tu pas arpentant la voie sacrée en toge
de deux fois trois coudées comme
une libre indignation fait tourner vers ici ou là
les visages de ceux qui marchent
écorché sous le fouet sur sentences des triumvirs
jusqu’à écœurer le (…) -
Horace, Odes IV 3 | Melpomène
20 janvier 2015, par Danielle CarlèsCelui, Melpomène, qu’une seule fois
à sa naissance de ton œil très doux tu auras regardé,
celui-là, non, le jeu isthmique
ne le verra pas s’illustrer au pugilat, non, un cheval endiablé
ne le mènera pas sur un char achéen5
à la victoire, et aucune exploit guerrier, du feuillage délien
général couronné
pour avoir écrasé l’orgueil menaçant des rois,
ne l’affichera au Capitole,
mais les eaux qui arrosent le fécond Tibur10
et l’épaisse chevelure des bois
lui forgeront dans (…) -
Horace, Odes I 4 | C’est maintenant, c’est le moment
23 avril 2012, par Danielle CarlèsL’âpre hiver s’alanguit dans la grâce retrouvée du printemps et du Favonius
Des machines tirent au sec les carènes des bateaux
Le bétail ne se plaît plus dans les étables, ni le laboureur au coin du feu
Les prés ne blanchissent plus du givre scintillant
Voici la Cythéréenne, Vénus mène la ronde des chœurs sous la lune suspendue
Et les Grâces avec les Nymphes réunies pudiquement
Frappent la terre et d’un pied et de l’autre, pendant que chez les Cyclopes
Vulcain l’ardent embrase (…) -
Horace, Épodes 12 | La femme éléphant
11 septembre 2012, par Danielle CarlèsQue prétends-tu, femme bien faite pour les noirs éléphants ? Pourquoi m’envoies-tu des cadeaux, des messages, à moi, jeune homme sans vigueur, et qui n’a pas le nez bouché ? Oui, moi seul ai le flair si aiguisé que je sens la présence 5 d’un polype ou le bouc atroce qui loge sous tes aisselles velues, mieux qu’un chien haletant détecte la cachette d’un pourceau. Quelle sueur se dégage de tous ses membres rancis et quelle mauvaise odeur, si le pénis se relâche, et qu’elle s’active pour (…)
-
Horace, Épodes 1 | à Mécène
3 juillet 2012, par Danielle CarlèsTu iras sur nos liburnes, au milieu des hautes forteresses navales, ami, prêt à affronter tous les dangers de César, Mécène, au péril de ta vie. Mais moi, pour qui la vie n’a de charme que toi vivant, sinon insupportable ? Tu me dis de poursuivre dans mon loisir. Le ferai-je ? Il n’est doux qu’avec toi, ou prendrai-je ma part de l’épreuve comme il convient aux hommes sans faiblesse ? Je la prendrai, et à travers les cols des Alpes, le Caucase inhospitalier, ou jusqu’au dernier golfe du bord (…)