Tant que je te plaisais et que personne, aucun amant préféré, de son bras
n’entourait ta nuque si blanche, plus qu’un roi des Perses j’ai joui de mon bonheur.
Tant qu’aucune autre plus que moi ne t’enflamma, que Lydia après Chloé ne
vint pas, Lydia au nom glorieux, plus que la Romaine Ilia j’ai joui de mon lustre.
Mais Chloé de Thrace est ma reine, savante en doux modes et joueuse de cithare.
Pour elle sans peur je mourrais, si, chère âme, le sort l’épargne et qu’elle survit. (…)
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Articles
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Horace, Odes III 9 | Caprices de Vénus
9 décembre 2013, par Danielle Carlès -
Horace, Odes I 13 | Vénus brutalisée
4 janvier 2012, par Danielle CarlèsLydia, lorsque tu fais l’éloge de la nuque rose de Télèphe, des bras de cire de Télèphe, ah ! mon sang se met à bouillir, la bile me rend malade ! Ma tête tourne, mon teint se brouille, mes joues se couvrent de larmes incontrôlables. Voici l’effet du feu persistant qui couve au plus profond de moi et me dévore. Je brûle de rage si j’aperçois sur tes épaules blanches les marques honteuses d’une dispute qui est allée trop loin sous l’empire du vin, ou si ton amant furieux a mordu tes lèvres (…)
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Horace, Odes I 13 | Vénus brutalisée (2)
5 mai 2012, par Danielle CarlèsLydia, toi quand tu fais l’éloge
de la nuque rose de Télèphe, des bras de cire de
Téléphe, hélas ! mon foie se met
à bouillir, se gonfle d’une bile récalcitrante !
Mes pensées et mon teint passent
par toutes les couleurs. De la sueur furtivement
glisse couvre mes joues, témoin
du feu lancinant qui me consume au plus profond.
Cela me brûle ! les disputes qui
dérapent à cause du vin, et tes épaules blanches
salies, ou ton amant furieux qui
imprime sur tes lèvres le (…) -
Horace, Épodes 5 | L’enfant et les sorcières
25 juillet 2012, par Danielle Carlèsmais ô dieux au nom de ce qui régente depuis le
ciel la terre et le genre humain
que signifie ce vilain tumulte ces visages tous
méchants tous fixés sur moi seul
par tes enfants si tu appelas Lucine pour venir
en aide à des enfantements réels
par ce vain ornement de pourpre je t’en supplie
par Jupiter qui le désapprouvera
pourquoi me regardes-tu de ce regard de marâtre
ou de bête féroce touchée du fer
voix tremblante cessant de se plaindre l’enfant
se tint là immobile (…) -
Horace, Odes I 19 | Amours révolues
23 décembre 2011, par Danielle CarlèsL’implacable mère des Désirs et l’enfant de la Thébaine Sémélé et le gai libertinage m’ordonnent de rendre mon cœur aux amours révolues. Je m’enflamme pour le teint éclatant de la radieuse Glycère, plus blanc que le marbre de Paros. Je m’enflamme pour sa charmante effronterie, pour son visage si troublant que je défaille à sa vue. Vénus est toute en moi descendue, elle a déserté Chypre et m’interdit d’écrire un seul mot sur les Scythes, ou le Parthe qui montre son courage à cheval en faisant (…)
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Horace, Odes I 8 | L’amour ou la guerre
27 avril 2012, par Danielle CarlèsLydia, dis-moi, au nom de tous les
dieux, je t’en prie, pourquoi cette hâte de perdre Sybaris par amour ?
Pourquoi a-t-il pris en horreur le
grand air au Champ de Mars, lui qui ne craignait ni la poussière ni le
soleil ? Pourquoi ne caracole-t-il
plus avec les recrues de son âge, ne monte-t-il plus un cheval gaulois
muselé d’un mors à dents de loup ?
Pourquoi a-t-il peur d’approcher le Tibre jaune ? Pourquoi met-il plus
de précaution à éviter l’huile que
le sang de vipère (…) -
Horace, Épodes 16 | La prophétie
12 novembre 2012, par Danielle CarlèsUne deuxième génération s’épuise dans les guerres civiles
et Rome s’effondre sous ses propres forces.
Elle dont les Marses voisins n’ont pu venir à bout,
ni la puissance étrusque de Porsenna menaçant,
5 ni Capoue, rivale par le courage, ni Spartacus dans son acharnement,
ni les rebellions de l’Allobroge infidèle,
elle que n’a domptée ni la sauvage Germanie et ses guerriers bleus,
ni Hannibal exécré des parents,
génération impie issue d’un sang maudit, nous la ruinerons
10 (…) -
Horace, Épodes 13 | Tant que nous sommes jeunes
15 septembre 2012, par Danielle CarlèsUne âpre tempête resserre le ciel. Il tombe des averses de pluie
et de neige en cortège à Jupiter. La mer, les forêts tour à tour
résonnent du grondement de l’Aquilon de Thrace. Ravissons, amis,
l’occasion au jour, et, tant que nos genoux sont verts, tant qu’
il nous sied, que prenne congé la vieillesse au front assombri !
Toi, fais monter un vin pressé l’année de Torquatus, mon consul,
laisse de côté tout le reste, n’en parle pas : un dieu peut-être (…) -
Horace, Odes IV 3 | Melpomène
20 janvier 2015, par Danielle CarlèsCelui, Melpomène, qu’une seule fois
à sa naissance de ton œil très doux tu auras regardé,
celui-là, non, le jeu isthmique
ne le verra pas s’illustrer au pugilat, non, un cheval endiablé
ne le mènera pas sur un char achéen5
à la victoire, et aucune exploit guerrier, du feuillage délien
général couronné
pour avoir écrasé l’orgueil menaçant des rois,
ne l’affichera au Capitole,
mais les eaux qui arrosent le fécond Tibur10
et l’épaisse chevelure des bois
lui forgeront dans (…) -
Horace, Épodes 6 | Mordre et montrer les cornes
29 juillet 2012, par Danielle CarlèsPourquoi t’en prends-tu sans raisons aux invités, chien lâche contre les loups ? Pourquoi ne pas tourner vers moi ces menaces creuses, si tu en es capable, et m’attaquer moi qui suis prêt à mordre ? Oui, comme un Molosse, comme un Laconien fauve, force dévouée au service des bergers, je traquerai dans la neige profonde oreille dressée toute bête sauvage ayant pris les devants, mais toi, tu remplis le bois de ta formidable voix, après tu viens flairer ce qu’on te jette à manger. Attention, (…)