Ne crois surtout pas qu’ils passeront, ces mots que, né au bord de l’Aufide aux longs échos, en des formes jusqu’alors inouïes je dis, recherchant l’association des cordes.
Non, si au Méonien revient le premier rang,5 Homère, ne se taisent pas les pindariques, les céennes, d’Alcée les menaçantes ou de Stésichore les nobles Camènes,
et le moindre badinage d’Anacréon, le temps n’a rien détruit. L’amour respire encore10 et sont vivantes les ardeurs confiées à la lyre par (…)
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strophes alcaïques
Articles
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Horace, Odes IV 9 | Éloge de Lollius
15 février 2015, par Danielle Carlès -
Horace, Odes III 3 | L’apothéose de Romulus
30 mai 2013, par Danielle CarlèsContre mon habitude, une introduction me semble cette fois-ci utile car l’ode est particulièrement complexe et mobilise de nombreuses références. Il y est question d’apothéose, soit le fait pour un mortel de devenir dieu après sa mort, généralement en récompense d’une vie de sagesse (v. 1-8), ainsi de Pollux, d’Hercule, de Bacchus. Auguste y est destiné (v. 11-12). Le poème consiste essentiellement dans un discours de Junon (v. 18-68) donnant son accord à l’apothéose de Romulus (v. 33-36), (…)
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Horace, Odes I 27 | Buvons sérieux !
29 mai 2012, par Danielle CarlèsSe battre à coups de scyphes faits pour servir à la joie, c’est bon pour des Thraces ! Bannissez cette conduite de barbares, Bacchus veut du respect, ne le mélangez pas au sang des bagarres !
Avec le vin et les lumières, l’épée des Mèdes, mais non, quelle horrible dissonance ! Sacrilège tapage, calmez-vous, les amis, et laissez vos coudes bien calés à leur place !
D’un Falerne sérieux vous voulez que moi aussi je prenne ma part ? Alors, que le frère de Mygella d’Oponte nous dise, le (…) -
Horace, Odes III 23 | Sacrifices
27 septembre 2014, par Danielle CarlèsSi vers le ciel paumes tournées tu lèves tes mains à la lune naissante, paysanne Phidyle, si d’encens tu rassasies, et des dernières moissons, tes Lares, et d’une truie gloutonne,
des miasmes de l’Africus ne souffrira pas ta vigne fertile, ni ton blé de la desséchante rouille, ni les tendres nourrissons du temps lourd à la saison des fruits.
Oui, la bête qui pâture sur l’Algide neigeux, vouée au sacrifice, au milieu des chênes et des yeuses, ou qui grandit dans les prés (…) -
Horace, Odes III 26 | Déposer les armes
7 octobre 2014, par Danielle CarlèsJ’ai vécu pour les belles hier encore apte et j’ai fait mon service non sans gloire, à présent mes armes et, quitte du combat, le barbiton, ce mur va les porter,
qui de la maritime Vénus le flanc gauche protège. Ici, ici déposez les lumières des torches, les leviers et les arcs, contre les portes bloquées menaçants.
Ô déesse qui habites la bienheureuse Chypre et Memphis privée des neiges sithoniennes, Reine, lève ton céleste fouet, touche Chloé une bonne fois, elle si (…) -
Horace, Odes II 13 | à l’arbre qui a failli me tuer
8 mars 2013, par Danielle CarlèsIl t’a planté un jour néfaste, oui, le premier, quel qu’il soit, et d’une main sacrilège t’a fait pousser, arbre, pour la ruine de sa postérité et la honte de son village.
Celui-là, je croirais bien qu’il avait brisé le cou de son père et sur ses Pénates répandu la nuit le sang de son hôte. Celui-là, en poisons de Colchide
et en tout ce qu’on imagine quelque part d’interdit, il fut expert, celui qui t’a installé dans mon champ, ah, bois de malheur, destiné à tomber un jour sur la tête de (…) -
Horace, Odes III 4 | Calliope
17 septembre 2013, par Danielle CarlèsDescends du ciel et chante, allons, chante au son de la flûte, reine, chante, Calliope, un long poème, si tu préfères maintenant, de ta voix aiguë, ou sur la lyre, sur la cithare de Phébus.
Entendez-vous ? Ou suis-je le jouet d’une adorable folie ? Je l’entends et je crois me promener parmi un bois sacré, délicieusement traversé d’eaux courantes et de souffles légers.
Moi, comme dans la légende, sur le Vultur apulien, mais hors des limites de mon Apulie, ma nourrice, un jour que j’étais (…) -
Horace, Odes II 20 | Poète oiseau
20 mars 2013, par Danielle Carlèsni vulgaire ni humble est l’aile qui m’emportera
poète aux deux figures à travers l’éther limpide
je ne serai pas plus longtemps
sur terre et plus grand que l’envie
j’abandonnerai les villes moi du sang de pauvres
parents moi que tu invites chez toi Mécène chéri
non je ne disparaîtrai pas non
l’eau du Styx ne m’emprisonnera pas
déjà déjà sur mes deux jambes s’abaisse une peau
rugueuse et je me change en un oiseau blanc plus
haut et il naît sur mes doigts
sur mes épaules (…) -
Horace, Odes I 37 | Nunc est bibendum
11 décembre 2011, par Danielle CarlèsMaintenant il faut boire ! Maintenant frapper le sol en cadence, libres d’entraves ! Maintenant, il était grand temps, disposons des coussins pour les dieux, partageons avec eux un banquet de Saliens, mes amis ! Avant aujourd’hui il nous était interdit de faire monter de la réserve un vieux Cécube, tant que cette reine entretenait le projet délirant d’abattre le Capitole, de sonner le glas de l’empire, avec ces hommes répugnants, ce troupeau infect. Son espérance était sans borne, toute à (…)
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Horace, Odes II 14 | à Postumus
11 mars 2013, par Danielle CarlèsAh, elles s’enfuient, Postumus, Postumus, elles coulent, les années, et la dévotion ne retardera pas les rides, la vieillesse toute proche ni la mort que l’on n’apprivoise pas,
non, offrirais-tu, en nombre égal aux jours qui passent, mon ami, trois cents taureaux pour apaiser l’insensible Pluton, qui retient les trois corps géants de Géryon et Tityos dans le cercle de l’eau
funèbre, cette eau que tout le monde, oh oui, nous tous qui vivons des cadeaux de la terre, nous devrons traverser, (…)