Non marié qu’ai-je à fêter aux Calendes de Mars, que veulent dire les fleurs et la boîte d’encens et le charbon, t’étonnes-tu, déposé sur un autel de gazon frais,
toi qui sais parler couramment l’une et l’autre langue. J’avais fait le vœu d’un repas fin et d’un bouc blanc à Liber le jour où j’ai failli mourir à cause de la chute d’un arbre.
Ce jour de fête, l’année y revenant, fera sauter le bouchon de liège scellé à la poix d’une amphore mise à boire la fumée sous le consulat de (…)
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Mécène
Ce chevalier romain (environ 69 a.C. - 8 a.C.) d’origine étrusque appartient à l’entourage proche d’Auguste. Poète et homme de goût, riche et influent, il a été le protecteur, entre autres, de Virgile et d’Horace, et particulièrement l’ami de ce dernier.
– Il comptait parmi ses aïeux maternels des lucumons, c’est-à-dire des nobles étrusques, chefs de la ville d’Arretium.
– Mécène jouissait d’une grande influence, mais ne possédait aucun titre officiel, ne les ayant ni sollicités, ni acceptés.
– C’est lui qui a offert Horace la propriété de Sabine où il aime vivre, à Tibur.
– Mécène était de santé fragile. En l’an 30 av. J.-C. il subit une grave maladie, dont il se releva. Horace évoque le jour où il reparaît en public, au théâtre de Pompée.
Articles
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Horace, Odes III 8 | Laisse les choses graves !
4 novembre 2013, par Danielle Carlès -
Horace, Odes II 17 | L’autre moitié de mon âme
15 mars 2013, par Danielle CarlèsPourquoi ces plaintes qui me coupent le souffle ? Ni les dieux, ni moi n’aimons que le premier tu puisses partir, Mécène, sublime gloire et colonne de ma fortune.
Ah toi, la moitié de mon âme, si t’emporte trop tôt un coup du sort, comment rester là, moi l’autre moitié, et survivre, moins précieux et estropié ? Ce jour-là de tous les deux
signera la perte. Ce n’est pas un serment en l’air que je viens de prononcer : je m’en irai, oui, je m’en irai, quoi qu’il en soit, si tu me précèdes, (…) -
Horace, Satires I 9 | Sur la Voie Sacrée, il y a deux millénaires
7 janvier 2012, par Danielle CarlèsJe passais sur la voie Sacrée, comme à mon habitude, méditant sur je ne sais quoi, tout entier à mes rêveries.
Quelqu’un m’aborde. Je connais son nom, mais pas plus.
Il m’attrape la main et la serre : "Comment vas-tu, très cher ?" Je lui réponds : "Pour le moment très bien, et tes désirs sont les miens".
Il m’emboîte le pas.
Le premier je brise le silence : "A ton service !" Alors lui : "Tu me remets, n’est-ce pas ? Je suis un homme de lettres." Moi : "Raison de plus de (…) -
Horace, Odes IV 11 | de mes amours l’achèvement
18 février 2015, par Danielle CarlèsIl y a chez moi, dépassant les neuf années de garde, une jarre pleine d’Albe, il y a dans mon jardin, Phyllis, de l’ache pour être tressée dans les couronnes, il y a de mon lierre
à foison, qui, cheveux relevés, t’illuminera.5 Riante est ma maison d’argenterie. L’autel de vierges rameaux est noué, avide que par le sacrifice d’un agneau on l’arrose.
L’ensemble de la maisonnée s’active, ici et là, on court de tous côtés, garçons et filles mélangés.10 Les flammes (…) -
Horace, Épodes 1 | à Mécène
3 juillet 2012, par Danielle CarlèsTu iras sur nos liburnes, au milieu des hautes forteresses navales, ami, prêt à affronter tous les dangers de César, Mécène, au péril de ta vie. Mais moi, pour qui la vie n’a de charme que toi vivant, sinon insupportable ? Tu me dis de poursuivre dans mon loisir. Le ferai-je ? Il n’est doux qu’avec toi, ou prendrai-je ma part de l’épreuve comme il convient aux hommes sans faiblesse ? Je la prendrai, et à travers les cols des Alpes, le Caucase inhospitalier, ou jusqu’au dernier golfe du bord (…)
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Horace, Odes II 12 | Exigences et consentement
6 mars 2013, par Danielle CarlèsNon, le voudrais-tu, la longue guerre de la farouche Numance, le rude Hannibal et la mer de Sicile pourpre du sang punique ne s’accordent pas aux modes langoureux de la cithare
ni les Lapithes enragés et, sous l’emprise d’un excès de vin, Hylée, ou la soumission, grâce à la force d’Hercule, des Fils de la Terre, dont le péril fit chanceler la maison éblouissante
du vieux Saturne. Toi, en prose tu pourras faire l’histoire des combats de César, Mécène, il vaut mieux, et, conduits par les (…) -
Horace, Odes I 20 | Simple amitié
19 mai 2012, par Danielle CarlèsTu boiras dans des canthares ordinaires un simple vin de Sabine, mais mis par moi en réserve dans une amphore grecque le jour où l’on t’a fait au théâtre un tel applaudissement,
chevalier, mon cher Mécène, que des rives du fleuve de tes pères jusqu’au mont Vatican un même écho joyeusement répétait tes louanges.
Le Cécube et la grappe foulée au pressoir de Calès, tu en boiras, mais chez moi ni les cépages de Falerne, ni les coteaux de Formies ne composent les coupes.
Lecture avec le (…) -
Horace, Satires I 10 | Littérature et politique
7 janvier 2015, par Danielle Carlèsle rire plus fort que la violence C’est vrai, j’ai dit que les vers de Lucilius avaient une allure désordonnée. Y a-t-il un seul de ses admirateurs qui le connaisse assez mal pour n’être pas d’accord ? Et pourtant, dans le même papier, il est aussi loué pour avoir copieusement étrillé Rome, bien frottée au gros sel. Je peux lui reconnaître cette qualité, sans pour autant lui accorder toutes les autres. Car à ce compte j’admirerais les mimes de Labérius comme autant de "poèmes" réussis. (…)
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Horace, Satires I 6 | Détaché de toute ambition, de ses misères et de ses fardeaux
20 décembre 2011, par Danielle CarlèsMécène, de tous les Lydiens qui sont venus habiter la terre d’Etrurie, aucun n’est plus noble que toi. Tes ancêtres, tant du côté de ta mère que du côté de ton père, ont eu autrefois le commandement de grandes armées. Pour autant il n’est pas dans tes habitudes, comme tant d’autres, de rire au nez des gens sans naissance, comme moi, dont le père est un esclave affranchi. (1-6)
Tu affirmes que peu importe la famille où l’on naît, du moment que l’on possède la noblesse du caractère. C’est (…) -
Horace, Satires II 6 | Des hommes et des rats
21 mars 2012, par Danielle Carlèsprière à Mercure (1-15) C’était cela, mon vœu : un domaine pas
trop grand, avec un jardin, une source
d’eau courante proche de la maison, et
des bois, un peu, au-dessus. Les dieux
m’ont exaucé même au-delà et mieux. C’
est bien. Je ne demande pas plus, fils
de Maïa, ou plutôt, une chose : que tu
me permettes de conserver à moi le don
que j’ai reçu. S’il est vrai que je n’
ai pas accru ma fortune par de mauvais
moyens, que je ne serai pas cause, par
ma sottise ou par ma (…)
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