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Horace, Odes II 5 | Le raisin trop vert

mercredi 23 janvier 2013, par Danielle Carlès

Il est trop tôt pour soumettre sa nuque au joug, elle ne peut
pas encore le supporter, ni égaler à la tâche
son compagnon, ni soutenir
le poids du taureau se ruant à la saillie.
 
Elle n’a en tête que les vertes prairies,
ta génisse : tantôt se rafraîchir à la rivière
de la chaleur pesante, tantôt dans
la saulaie humide jouer avec les veaux,
 
voilà tout ce qu’elle désire. Renonce à la tentation
du raisin trop vert. Déjà pour toi l’automne
chamarré nuance le bleu
des grappes d’une teinte de pourpre.
 
Bientôt elle va te suivre, car fougueusement va
la course du temps et les années qu’il t’aura enlevées
à elle il les ajoutera. Bientôt Lalagué
d’un air espiègle réclamera un mari,
 
chérie comme jamais ne fut l’insaisissable Pholoé,
ni la belle Chloris au bras si blanc qu’on dirait
un clair de lune dans la nuit
miroitant sur la mer, ni Gygès de Cnide
 
capable, si on le mêlait à une ronde de filles,
de tromper merveilleusement des hôtes vigilants,
tant il cache sa différence,
cheveux dénoués et visage ambigu.

Lecture avec le texte latin

Il est trop tôt pour soumettre sa nuque au joug, elle ne peut

[2,05,1] Nondum subacta ferre iugum ualet

pas encore le supporter, ni égaler à la tâche

ceruice, nondum munia comparis

son compagnon, ni soutenir

aequare nec tauri ruentis

le poids du taureau se ruant à la saillie.

in uenerem tolerare pondus.

Elle n’a en tête que les vertes prairies,

[2,05,5] Circa uirentis est animus tuae

ta génisse : tantôt se rafraîchir à la rivière

campos iuuencae, nunc fluuiis grauem

de la chaleur pesante, tantôt dans

solantis aestum, nunc in udo

la saulaie humide jouer avec les veaux,

ludere cum uitulis salicto

voilà tout ce qu’elle désire. Renonce à la tentation

praegestientis. Tolle cupidinem

du raisin trop vert. Déjà pour toi l’automne

[2,05,10] immitis uuae : iam tibi liuidos

chamarré nuance le bleu

distinguet autumnus racemos

des grappes d’une teinte de pourpre.

purpureo uarius colore ;

Bientôt elle va te suivre, car fougueusement va

iam te sequetur ; currit enim ferox

la course du temps et les années qu’il t’aura enlevées

aetas et illi quos tibi dempserit

à elle il les ajoutera. Bientôt Lalagué

[2,05,15] adponet annos ; iam proterua

d’un air espiègle réclamera un mari,

fronte petet Lalage maritum,

chérie comme jamais ne fut l’insaisissable Pholoé,

dilecta, quantum non Pholoe fugax,

ni la belle Chloris au bras si blanc qu’on dirait

non Chloris albo sic umero nitens

un clair de lune dans la nuit

ut pura nocturno renidet

miroitant sur la mer, ni Gygès de Cnide

[2,05,20] luna mari Cnidiusue Gyges,

capable, si on le mêlait à une ronde de filles,

quem si puellarum insereres choro,

de tromper merveilleusement des hôtes vigilants,

mire sagacis falleret hospites

tant il cache sa différence,

discrimen obscurum solutis

cheveux dénoués et visage ambigu. [1]

crinibus ambiguoque uoltu.


L’ode est composée en strophes alcaïques.


[1Le dernier quatrain (les hôtes vigilants) évoque Achille caché par sa mère Thétis parmi les filles de Lycomède et reconnu par Ulysse.

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